SPACE 2024 du 17 au 19 septembre
Business au SPACE

Aviculture

2 trackers pour 100 % d'autonomie électrique

 

EARL du Restou à Tourc'h (29)

Michel Quéméré a fait le choix d’installer 2 trackers photovoltaïques pour alimenter son élevage de 3 000 m2 de poulaillers. Il est maintenant autonome électriquement à 100 % grâce au système de stockage virtuel du surplus de production.

Michel Quéméré s’est installé comme éleveur de poulets en 2013 en reprenant l’élevage familial de 3 000 m2 sur la commune de Tourc’h (29). En 10 ans, il a réalisé différentes rénovations de ses poulaillers dont une grosse partie d’isolation, de renouvellement de matériel d’élevage, d’éclairage Led et de ventilateurs économes en énergie. « J’ai découvert le système de tracker photovoltaïque il y a 3 ans lors du Space à Rennes. J’ai ensuite vu le système sur le terrain lors d’une porte ouverte chez un collègue aviculteur. »


2 trackers pour 36 kWc de puissance

Avec les 3 poulaillers en ventilation dynamique, la facture d’électricité s’élève à 10 000 € par an avec un tarif bleu à 0,13 €/kWh. Michel Quéméré a alors souhaité franchir un nouveau cap en termes d’économies d’énergie et d’autonomie. « En janvier 2022, j’ai directement installé 2 trackers photovoltaïques, un de 22 kWc qui possède 117 m2 de surface photovoltaïque et le deuxième de 14 kWc de puissance pour 75 m2. Ce système suit la trajectoire du soleil toute la journée pour maxi¬miser la production électrique », décrit l’aviculteur. Anne Quemener, commerciale pour OKwind sur le Finistère, précise : « Pour pouvoir rester sur le tarif bleu il fallait rester en dessous 36 kVa et donc ne pas installer plus de 36 kWc de puissance en photovoltaïque pour de l’autoconsommation. » Pour ne pas passer en tarif jaune, l’été quand la brumisation des poulaillers était en marche, Michel passait sur son groupe électrogène ce qui représentait une consommation de carburant de 2 000 € à l’année.

 

Anne Quemener, commerciale OKwind et Michel Quéméré, aviculteur.
© Nicolas Goualan

100 000 € d'investissement

L’éleveur avait pour objectif d’être autonome en électricité à 100 % dès le départ. Il n’a pas fait de demande d’aide PCAEA pour cet investissement de 100 000 € car avec 2 trackers il n’allait pas atteindre les 80 % d’autoconsommation. Il a fait le choix du stockage virtuel lorsqu’il produit plus que les besoins. Il peut ensuite piocher dans cette réserve la nuit lorsqu’il ne produit pas ou l’hiver quand la production est moindre. « J’amortis l’installation sur 10 ans mais le temps de retour sur investissement sera certainement de 8 ans. Cet investissement qui me coûte le même prix que ma facture électrique annuelle m’a permis de figer le prix de mon électricité sur 10 ans. Une fois que le prêt sera remboursé je vais passer à 2 000 € de facture sur l’année entre l’abonnement et l’acheminement de l’électricité stockée virtuellement. » Michel donne des chiffres sur 1 an (de juin 2022 à juin 2023) : la production des trackers a été de 65 MWh pour une consommation de 64 MWh soit 100 % d’autonomie électrique.

Nicolas Goualan

 

PASSER FACILEMENT DE L'AUTOCONSOMMATION À LA REVENTE

Michel Quéméré fait remarquer que lors d’un cas particulier comme l’épisode d’influenza aviaire les poulaillers peuvent rester vides plusieurs mois. Son contrat avec son fournisseur Urban Solar lui permet de basculer très facilement d’un système basé sur l’autoconsommation à de la revente pour que l’électricité produite ne soit pas perdue et pouvoir ainsi continuer de rentabiliser l’installation s’il n’y a plus de consommation sur l’élevage.

 

LE MUR CHAUFFANT ET/OU RAFRAÎCHISSANT

Leretrif Rossard Bâtiment lance le Watt’n’Wall, des murs préfabriqués pour des porcheries neuves équipées d’un réseau hydraulique pour chauffer une partie de l’ambiance des cases (post-sevrage). La chaleur est diffusée par rayonnement, avec une sensation de chaleur douce et homogène, contrairement au chauffage par convection. Ce mur chauffant fonctionne grâce à diverses sources d’énergie : aérothermie, géothermie ou chaudières en tout genre. Cette zone de chauffage non apparente apportera du confort de travail lors des vides sanitaires : aucun équipement à déplacer, ni à laver. Couplé à une pompe à chaleur réversible, le réseau servira de refroidisseur du mur donc d’ambiance.