SPACE 2020 le Salon international de l'élevage
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Le préventif plutôt que le curatif

François Dabadie, technicien chez Cecabroons ponte

Le SPACE a fait appel à Cecabroons Ponte, filiale de D’Aucy, pour aborder le thème du pou rouge en élevage bio. François Dababie, technicien, est régulièrement confronté à cette problématique : tour d’horizon de solutions qu’il conseille.

François Dabadie, technicien chez Cecabroons Ponte

Quelles sont les conséquences technico-économiques du pou rouge en élevage avicole ?

Le pou rouge est une problématique forte en poule pondeuse car la durée de vie des animaux est longue et c’est parfait pour le développement du pou. Le chiffrage des conséquences reste cependant difficile à établir car elles sont à la fois nombreuses et discrètes : un œuf taché de sang déclassé, une mortalité liée au picage, l’affaiblissement des poules. Mais nous savons qu’une poule attaquée perd entre 2 et 5 % de son sang par nuit. Quant à savoir quand l’élevage est envahi, la mesure est difficile car le pou se cache pour ne se nourrir que la nuit : nous ne voyons qu’1/10ème des poux présents dans le bâtiment !


Comment réaliser la surveillance des populations de poux ?

En une semaine, les poux peuvent se multiplier par 10 et ensuite, ça va très vite. C’est pourquoi il est indispensable de contrôler au moins une fois par semaine la population de poux : est-ce que ça a augmenté ou non ? Pour cela, il faut rechercher les grappes dans les caches : les nids, les perchoirs, et surtout les recoins et fissures. L’observation d’une traînée blanche est peut-être un nid qui va se développer. La longueur des bandes est également un bon indicateur à surveiller.

L’observation des animaux est une des clés de vigilance : les symptômes sur les volailles participent à révéler le niveau de présence de poux rouge. La crête totalement blanche signe un point d’alerte liée à une forte anémie liée au piquage. Souvent, la poule meurt d’épuisement le matin sur l’air de grattage alors qu’elle a été piquée sur son lieu de repos durant la nuit.

 

Quelles sont les mesures préventives que vous conseillez ?

On ne va jamais détruire la totalité de la population de poux mais on peut la limiter et la contrôler pour ne pas avoir à traiter. Il existe pour cela des solutions à base d’essences de plantes dont le géranium. Administrées dans l’eau de boisson, elles vont changer le goût du sang de la poule et freiner le développement de la population de poux. Ce type de répulsif doit cependant être adapté aux conditions de l’élevage et distribué lorsque les poules sont à l’intérieur du bâtiment. Car en hiver, 10 à 20 % de l’eau est bu en dehors du bâtiment dans les bâtiments avec parcours donc en bio. Il faut donc traiter avant de les sortir et à un dosage plus élevé.

Le vide sanitaire est un moment propice pour s’attaquer au pou en préventif comme en curatif. Non seulement il faut désinfecter le bâtiment, mais surtout utiliser un détergent, également disponible en bio, afin d’éliminer le plus de poux possible.

 

En cas d’infestation avérée, quelles sont les mesures curatives ?

Il est possible d’utiliser des prédateurs naturels du pou : des acariens qui vont s’en nourrir. Selon la localisation des poux, il existe plusieurs variétés : pour s’attaquer aux nids ou à l’ensemble du bâtiment. Pour cette lutte biologique, il est recommandé de faire deux lâchés d’acariens afin d’empêcher les poux de prendre le dessus sur la population d’acariens. 

La seconde solution est l’utilisation d’un insecticide bio à pulvériser la nuit, 2 heures après l’extinction. Elle n’a pas d’influence sur les volailles mais demande de s’attaquer au pou pendant leur phase d’éveil c’est-à-dire la nuit.

 

Avez-vous un dernier conseil aux éleveurs ?

La prévention est la meilleure arme face aux poux car il est très difficile de s’en séparer une fois installé. Le vide sanitaire et l’observation seront vos meilleurs alliés. Une fois infesté, je conseille aussi de ramasser plusieurs fois par jour les œufs afin d’éviter le déclassement de la production du fait de taches de sang, dues à l’écrasement des poux sur la bande à œufs lors du convoyage des œufs. 

 

Pour aller plus loin : 

Retrouver François Dabadie au SPACE sur le stand D’Aucy Hall 5 Stand A22