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Dans le hall 10

Pass'Bio

Accompagnement à la conversion en agriculture biologique

Le Pass’Bio pour donner toutes les chances à son projet de conversion
Parce que la conversion en agriculture biologique est une étape importante dans le parcours d’une exploitation, un accompagnement technique peut s’avérer judicieux pour mener à bien son projet. C’est dans cette optique que la région Bretagne a mis en place en 2012 une aide financière dédiée aux reconversions en agriculture biologique : le Pass’Bio.

Deux formules Pass’Bio
Le Pass’Bio finance l’intervention d’un technicien habilité sur l’exploitation. Objectif : accompagner le ou les producteurs dans leur projet. C’est pourquoi, le Pass’Bio se décline en deux formules : le Pass’Bio Diagnostic le Pass’Bio Suivi. Grâce à la réalisation d’une étude technico-économique sur 5 ans, le Pass’Bio Diagnostic permet aux producteurs de se pencher sur la faisabilité de leur projet tandis que le Pass’Bio Suivi apporte des réponses techniques et économiques aux producteurs déjà entrés dans une démarche de conversion*. Sous certaines conditions, toute exploitation individuelle ou en société qui souhaite se convertir peut prétendre au Pass’Bio sous réserve de travailler avec un technicien habilité. Le Pass’Bio permet une prise en charge de 80 % à 90 % des coûts d’intervention du technicien dans la limite de 3 jours par diagnostic.

PassBio

Isabelle Pailler est technicienne spécialisée en production laitière bio. Benoît Nezet est technicien spécialisé en agrobiologie. Ils sont tous les deux conseillers à la Chambre d’agriculture de Bretagne.

Référents pour la production biologique et habilités Pass’Bio, ils nous éclairent sur cette mesure d’accompagnement.  


Quelles sont les missions de la Chambre d’Agriculture concernant le Pass’Bio ?

Benoît Nezet : Dans chaque département, un spécialiste de l’agrobiologie et un expert de chaque production animale sont à la disposition des producteurs à la recherche de conseils et d’accompagnement. Le Pass’Bio est l’une des mesures d’accompagnement que nous proposons aux exploitations en conversion à l’agriculture biologique.

Quel est l’intérêt du Pass’Bio ?
Isabelle Pailler : Le Pass’Bio permet de sécuriser la conversion à l’agriculture biologique. La première formule, le Pass’Bio Diagnostic propose une analyse technico-économique sur 5 ans. À cette occasion, 2 scenarii d’évolution de l’exploitation sont simulés. Pour chaque scenario, nous analysons toutes les conséquences technico-économiques sur la conduite des cultures, les pratiques d’élevage, les investissements et la charge de travail à l’échelle de l’exploitation. Une fois le scénario validé, un plan d’actions avec des objectifs chiffrés est fixé. C’est une feuille de route sur lequel se reposera tout d’abord le producteur mais aussi les techniciens lors du Pass’Bio Suivi par exemple.

Benoît Nezet : Précisons qu’il s’agit aussi d’une approche globale. Nous analysons aussi bien la faisabilité technique d’une conversion que les débouchés commerciaux notamment en circuits courts. Et ce n’est pas si simple, car certaines transformations demandent beaucoup de temps et des investissements particuliers. De plus, l’intégralité de la production n’est pas forcément commercialisée en circuit court. Donc, nous pouvons mettre en relation les producteurs et des opérateurs qui collectent les produits biologiques.

Avec un projet en cours, un producteur peut donc vous solliciter pour différentes problématiques ?
IP : Bien sûr, c’est le rôle du Pass’Bio Suivi. Qu’il ait besoin de se rassurer sur certaines pratiques ou qu’il soit confronté à une nouvelle problématique technique, nous nous adaptons à sa demande. Nous sommes là pour l’épauler, apporter un œil extérieur sur son projet et si besoin le réorienter.

Quels sont les principales difficultés rencontrées par les producteurs en conversion ?
IP : La production laitière se prête bien à la conversion. La principale crainte des exploitants concerne le maintien en bonne santé du troupeau. Cependant, j’ai l’habitude de dire qu’en bio, ce n’est pas le sanitaire qui posera problème mais l’alimentation. Le principal facteur de réussite est l’autonomie alimentaire. Pourtant, la difficulté de gestion des cultures et des pâtures en bio et les baisses de rendement sont souvent sous-estimées par les producteurs.

BN : Oui, j’ajouterai qu’historiquement, les exploitations en bio étaient en polyculture - élevage. C’est ce qui assurait leur viabilité. Actuellement, les exploitations conventionnelles sont au contraire très spécialisées ce qui les rend plus fragiles lors du passage en bio. Enfin, dans certains cas, certains projets peuvent prendre jusqu’à plusieurs années pour aboutir. C’est le cas en production porcine et avicole notamment où les besoins financiers, fonciers et administratifs sont très nombreux. Être bien accompagné dans ces moments, c’est très important.

Pour finir, qui peut prétendre à cette prestation ?
BN : Pass’Bio Diagnostic ou Pass’Bio Suivi, si les deux formules sont complémentaires, elles peuvent être réalisées indépendamment l’une de l’autre. Au final, que la conversion soit effective ou au stade du projet, le Pass’Bio s’adresse ainsi à tous les producteurs. Nous rencontrons tout type de profil : des jeunes qui s’installent, des salariés qui se réorientent ou des producteurs conventionnels qui préparent leur succession…

IP : Même si la prestation se termine, généralement nous continuons à suivre les producteurs. Car le Pass’Bio, c’est aussi une première étape pour apprendre à se connaître et tisser un lien de confiance. D’ailleurs, parmi les 45 dernières conversions suivies, 35 producteurs partagent maintenant leur expérience avec d’autres agriculteurs à travers des groupes que nous animons. 


* Bon à savoir Pass’Bio Diagnostic et Pass’Bio Suivi peuvent être réalisés indépendamment l’un de l’autre.