13/09/2017

Table ronde - quels métiers pour demain avec la robotisation ?

Ce mercredi matin se tenait la table ronde sur l’Espace Pour Demain (anciennement plateforme Recherche & Développement) avec pour thème l’avenir de l’élevage dans un contexte de robotisation, un sujet concret, illustré sur le salon par des démonstrations pratiques et d’ores et déjà accessibles.

La place de l’éleveur dans un avenir robotisé

Depuis 1966 et l’apparition des premiers concepts de trayeuses automatiques, véritablement installées dans les élevages dans les années 2000, la robotique a fait de grands pas, toujours dans l’optique d’une réduction de la pénibilité et des tâches à faible valeur ajoutée lorsqu’elles sont exécutées par les humains. Le secteur laitier n’est d’ailleurs pas le seul à s’intéresser aux robots, les prouesses technologiques opérant désormais dans les secteurs porcin ou avicole, à l’instar de l’Octopus Poultry (société MCAI) ou encore « Spoutnic », commercialisé par la jeune société Tibot, et qui permet de guider les poules dans les pondoirs. Sa co-fondatrice, Laëtitia SAVARY, également éleveuse en Mayenne témoignait : «lorsqu’on doit parcourir des kilomètres par jour à courir après les poules, il devient vite indispensable de se faire assister, pour limiter les tâches répétitives et astreignantes ». Assistance ou véritable collaboration, pour le CEA (Commissariat à l’Energie Atomique), qui participait à l’événement, « on ne devrait plus parler de robots, mais de co-bots », soit des machines de travail collaboratif avec les agriculteurs. En effet, quelle que soit l’aide que les robots apportent à l’éleveur, ils ne fonctionnent jamais seuls et ont besoin d’être pilotés, paramétrés et leurs données analysées. De nouvelles compétences relativement simples à acquérir pour les employés agricoles, plus techniques mais aussi plus rémunératrices.

Un modèle d’attractivité et de productivité, pas un modèle unique

Pour le président du pôle R&D, il ne ‘agit surtout pas « d’imposer un modèle unique d’agriculture » car tous n’emprunteront pas cette voie, mais dans une démarche prospective, « la robotisation trouve son entière justification pour des tâches qui cassaient les employés agricoles ». Le coût de la robotisation est également à prendre en considération, car sa démocratisation ne pourra avoir réellement lieu « que si les productions sont valorisées à leur juste prix ». Toujours est-il qu’en réduisant la pénibilité des conditions d’exercice, les robots sont également un facteur important d’attractivité auprès des jeunes, plus enclins à se lancer dans une profession à l’image plus technologique et redorée. Les éleveurs gagnent un temps précieux, que ce soit pour la gestion de leur exploitation, ou pour leur bien-être. Pour Laëtitia SAVARY « ça permet de rentrer manger le midi !» .

La question du bien-être animal n'est pas en reste non plus avec la robotisation : avec des passage d'éleveurs réduits de 50%, "on a pu constater que les robots stressent moins les animaux que quand on passe avec nos artifices manuels, ils sont beaucoup plus calmes".
Retrouvez toutes les infos sur Spoutnic sur ce site et rendez-vous sur notre web tv pour revoir l’Espace pour demain en vidéo.

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